Digitalisation et environnemental : trouver un juste milieu

On évoque souvent le numérique en entreprise comme une solution fourre-tout au problème du réchauffement climatique, ce depuis le début des années 2000. Moins de papier, moins de plastique, moins de transports, … Une foule d’arguments qui laissent penser que l’impact environnemental des solutions digitales serait vierge.

Mais depuis quelques années, force est de constater que la réalité se situe à mi-chemin. Le chercheur Gerhard Fettweis prévoit que la consommation électrique du web en 2030 atteindrait la consommation mondiale de 2008 tous secteurs confondus.

Le mirage d'un numérique pas si écologique

L’écologie est souvent vue comme l’une des gagnantes de cet effort de numérisation de la part des acteurs économiques. Par exemple, la réduction des émissions de carbone à hauteur de 15% à l’échelle mondiale. Pourtant, c’est une grande illusion : le numérique consomme 5,5% de l’électricité mondiale et génère 3,8% des gaz à effet de serre émis par l’homme.

Alors que le mail était vu comme le grand remplaçant du papier, il ne se révèle pas aussi eco-friendly que prévu. Premièrement, la consommation de papier dans les entreprises oscille entre 36 à 48kg de papier (sans prendre en compte les journaux, magazines et autres documents reçus de l’extérieur) et représente encore 75% des déchets de bureau. Il est important de noter une évolution positive : en 2014, la masse de papier utilisée variait entre 60 à 65kg. Le mail devrait pouvoir palier cet impact écologique.

Absolument pas : un mail est aussi énergivore qu’une ampoule allumée pendant une heure. On imagine la gravité de l’impact lorsqu’une entreprise envoie une newsletter à une base de centaines de milliers de personnes. Sur une année, les mails professionnels de 100 salariés représentent l’équivalent de 13 allers-retours Paris-New York en avion.

Idem concernant les serveurs, qui étaient vus comme une formidable économie de papier. Les data centers représente 4% de la consommation électrique mondiale, et consomment individuellement autant d’électricité que 30 000 habitants européens.

Or la multiplication des supports marketing et du besoin pour les marques de personnaliser les messages à ses clients, dans un objectif de proximité, n’arrange pas cette tendance. La date est de plus en plus exploitée, à plus ou moins bon escient, ce qui peut avoir des conséquences écologiques de plus en plus néfastes.

Le digital au service du développement durable : plastique, papier et optimisation

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à voir le développement durable comme un axe de croissance et de performance. Il faut se concentrer sur le côté écologique du développement durable, lui qui rassemble beaucoup d’autres sujets (l’humain, pour n’en citer qu’un). Or, de nombreux acteurs ont su utiliser les outils évoqués plus haut, uniquement dans un objectif écologique.

Les projets Smart Grid de Veolia et IBM permettront par exemple de rendre la gestion de l’eau plus intelligente, afin d’éviter le gaspillage. De puissants data centers soutiendront le pilotage en temps réel du réseau grâce à des compteurs intelligents et des capteurs de mesure du débit et de qualité de l’eau.

Transport et desserte de marchandise peuvent aussi être optimisés. A Lyon, le projet Optimod’Lyon a mis à disposition une application qui calcule un déplacement en temps réel quels que soient les modes de transports utilisés, le but étant de gagner en temps, en argent et donc en impact environnemental (éviter les bouchons par exemple). L’impression 3D industrielle permettrait aussi de réduire les coûts et l’empreinte carbone dus au transport et à la réduction des déchets.

Des entreprises ont aussi su limiter leur impact écologique en dématérialisant leurs supports marketing dans les wallet mobiles. Dans la logique de parcours sans-contact, il est possible de ne plus utiliser de plastique ou de papier pour les cartes de fidélité, les coupons d’offres, les invitations à des évènements ou la mise en place de services comme le Click & Collect ou encore le drive-to-store. Tous les scénarios sont possibles et permettent d’engranger une relation durable de proximité avec ses clients, puisque pour toute marque la présence d’un pass dans le téléphone du client lui permet de communiquer sur ses offres et actualités via push notifications et mise à jour régulière du pass.

Beaucoup d’exemples mettent en lumière ce que le numérique peut apporter dans les process d’entreprises, ou dans la collecte de données pour encore mieux cibler et mesurer les décisions futures. Que ce soit dans les domaines du transport, de l’agriculture, de l’énergie, ou autre, chacun a su tirer les opportunités de ce qu’offre les solutions numériques. En revanche, cela ne répond pas aux problématiques posées par le mailing, les serveurs, le papier, et autres.

Quelles solutions pour limiter son impact ?

Plusieurs solutions sont recommandées pour réduire son impact environnemental. Certaines sont à la portée de toutes les entreprises, d’autres restent dans les mains de plus gros acteurs. Par exemple, certaines localisent leurs serveurs dans les pays nordiques afin de profiter de l’air frais pour refroidir les ordinateurs et minimiser l’utilisation de la climatisation, puisqu’elle représente 40% de leur consommation énergétique.

Sur le même sujet des data centers, certains ont choisi de faire confiance aux énergies renouvelables pour alimenter à 100% les serveurs. C’est notamment le choix de Facebook, Google ou encore Apple. Des micro-circuits d’optimisation des énergies sont aussi envisageables, à plus petite échelle. En Seine-et-Marne par exemple, un centre nautique et une pépinière d’entreprise réutilisent la chaleur émise par un data center voisin en redirigeant les flux d’air ou les circuits d’eau.

Schéma d'autosuffisance énergétique pour un serveur

Schema d'autosuffisance énergétique pour un serveur

Le mailing peut facilement voir son impact écologique réduit, en ne gardant que les emails nécessaires, en réduisant la taille des fichiers envoyés, en se désabonnant des newsletters inutiles ou en limitant le nombre de destinataires à un mail.

Le but est de trouver l’équilibre entre solution digitale et impact environnemental.


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